· Par Théo Cannac · 3 min de lecture
Notion, Things, LifeOS : lequel pour quel usage
Trois outils, trois philosophies incompatibles. Un comparatif honnête, y compris sur ce que LifeOS fait moins bien.
La question n'est pas « lequel est le meilleur ». Ces trois outils répondent à des besoins différents, et les comparer sur une grille commune ne dit rien d'utile.
La bonne question : qu'est-ce que tu cherches à faire tenir ensemble ?
Ce que chacun fait vraiment bien
Notion : tout modéliser
Notion est une base de données déguisée en éditeur de texte. Sa force est réelle et rare : tu peux y représenter n'importe quelle structure, exactement comme tu la penses.
Son coût l'est tout autant : tu dois construire l'outil avant de l'utiliser, et tu continueras à le construire. Beaucoup d'utilisateurs de Notion passent plus de temps à améliorer leur système qu'à s'en servir, et ce n'est pas de l'indiscipline, c'est ce que l'outil encourage.
Notion est excellent quand ton besoin est documentaire : une base de connaissances, un wiki d'équipe, un suivi de contenus.
Things : ne jamais te ralentir
Things fait une chose et la fait mieux que quiconque : capturer et exécuter des tâches, sans jamais te faire attendre.
Son interface disparaît. Rien ne clignote, rien ne se charge, tout répond au doigt. C'est le résultat d'un travail obsessionnel sur les détails d'interaction, et ça se sent à chaque geste.
Sa limite est assumée : Things ne modélise rien d'autre que des tâches et des projets. Pas d'objectifs, pas d'habitudes, pas d'indicateurs, pas de vision annuelle. Ce n'est pas un oubli, c'est une décision, et c'est ce qui le rend aussi rapide.
LifeOS : relier les étages
LifeOS part d'un constat : les tâches ne manquent à personne. Ce qui manque, c'est le lien entre ce que tu fais mardi et ce que tu veux devenir.
Il relie donc quatre étages, identité, vision annuelle, objectifs trimestriels, tâches du jour, et rend visible ce que chaque geste prouve.
Sa limite est le miroir de celle de Things : plus de structure veut dire plus de mise en place. Il y a une demi-heure de configuration au début. Si tu veux seulement une liste de courses, c'est trop.
Le tableau, sans complaisance
| Notion | Things | LifeOS | |
|---|---|---|---|
| Capture rapide | Correcte | Excellente | Bonne |
| Vitesse d'interface | Moyenne | Excellente | Bonne |
| Objectifs et suivi | À construire | Absent | Intégré |
| Habitudes | À construire | Absent | Intégré |
| Vision long terme | À construire | Absente | Intégrée |
| Personnalisation | Totale | Faible | Moyenne |
| Temps avant d'être utile | Des heures | Une minute | Une demi-heure |
| Hors ligne | Partiel | Total | Partiel |
| Prix | Gratuit à payant | Achat unique | Abonnement ou à vie |
Deux lignes de ce tableau ne jouent pas en notre faveur, et il vaut mieux le dire : Things reste plus rapide à la saisie, et son fonctionnement hors ligne est complet là où le nôtre ne l'est pas encore.
Comment choisir, en trois questions
Est-ce que ta difficulté est de faire, ou de savoir quoi faire ? Si tu exécutes bien mais que tu te demandes si tu vas dans la bonne direction, un gestionnaire de tâches ne t'aidera pas, quel qu'il soit.
Combien de temps es-tu prêt à investir avant que ce soit utile ? Une minute mène à Things. Une demi-heure ouvre LifeOS. Plusieurs heures, et l'envie de bricoler, mènent à Notion.
Est-ce que tu veux un outil ou un système ? Un outil attend tes ordres. Un système te pose des questions que tu éviterais tout seul : qu'est-ce que tu abandonnes ce trimestre, quelle identité tu prouves aujourd'hui.
Les combinaisons qui fonctionnent
Rien n'oblige à choisir un seul outil, et deux combinaisons reviennent souvent.
Things pour la capture, LifeOS pour la direction. Tu notes tout dans Things, et tu tiens tes objectifs et ton identité ailleurs. Ça marche, au prix d'une double saisie hebdomadaire.
Notion pour la documentation, LifeOS pour l'exécution. Les deux ne se marchent pas dessus : l'un garde ce que tu sais, l'autre gère ce que tu fais.
Ce qui ne marche pas, c'est d'utiliser deux outils pour la même chose. Deux listes de tâches finissent toujours par diverger, et la divergence coûte plus cher que le gain de chacune.
Si la question qui t'occupe est « est-ce que ce que je fais aujourd'hui sert ce que je veux dans un an », LifeOS est construit pour celle-là.